SUEDE à La Cigale

C’est avec une grande excitation que j’arrive à 19h30 devant La Cigale : Suede sont de retour avec un nouvel album. Je vais revoir le groupe qui a bercé mon adolescence et que j’avais vu pour la première fois, pas très loin, à l’Élysée Montmartre. C’est La Cigale qui est devenu le quartier général de Brett Anderson et les siens à Paris depuis quelques années.

 

En 2016 ils étaient déjà venus présenter Night Thoughts derrière un rideau qui projetait le film accompagnant leur album. C’est également derrière un rideau qu’ils apparaissent ce 3 Octobre 2018. C’est sublime, ce jeu d’ombres et de lumières. Une chanson, deux, trois et voici que le rideau tombe, tel un masque, et que le public s’enflamme, on entend les cris déchaînés.

 

Brett Anderson n’a pas pris une ride, sa voix est parfaitement placée, ses mouvements dignes d’un gamin de 20 ans, son contact avec le public, celui d’une star consacrée, d’un homme habitué à être idolâtré. Il aime cela, il s’approche sans cesse du premier rang, des mains enragées le touchent, des doigts déboutonnant sa chemise… Et Brett chante, allongé par terre ou en moulinant son micro. Il se prête au jeu de la scène, il a l’air heureux. Nous le sommes aussi.

 

Suede électrise La Cigale avec ses tubes d’il y a 25 ans qui s’enchaînent : The Drowners, We are the Pigs, So young et My Insatiable One.  La température de la salle monte ; je regarde le public : tout le monde chante, toutes générations confondues. Suede n’est pas un groupe des années 90 qui tente de survivre, Suede est bel et bien là, en 2018, avec un nouvel album excellent, enchaînant de façon harmonieuse et lyrique anciens tubes et nouvelles chansons. Le temps n’est pas linéaire chez eux, mais circulaire, et ça marche. Ils continuent avec Filmstar, Metal Mickey, Trash et Animal Nitrate. Fatigants, disent certains….Moi, je ne me lasse pas d’écouter Animal Nitrate encore et encore comme quand j’avais 15 ans. L’excitation est à son comble…

 

Et pourtant la surprise musicale vient juste après, quand le groupe laisse Brett Anderson seul sur scène et qu’il prend sa guitare acoustique et demande le silence au public. En mode « unplugged » il chante  The big time , sans micro, à deux pas de moi, sa voix résonne avec une justesse féerique. Aucun bruit dans la salle, la magie s’installe, l’émotion est palpable, le public est conquis. Ne l’était-il déjà ? La fin du concert approchant, le groupe revient pour refaire deux morceaux de The Blue Hour : The Invisibles et Fly tipping.  A la fin, un seul rappel : Beautiful Ones.  Je reste sur ma faim.

 

Une heure trente de pur plaisir et l’envie de les revoir déjà. Sur le chemin de retour, je chante, je me dis que j’y étais et que c’était encore mieux que dans mes souvenirs. Oui, les musiciens étaient excellents et Brett, comme le vin, s’améliore avec les années.

Texte: Natalia Algaba
Photos : Juan Luis Fajardo

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