11 FOIS FATIMA

Un film de João Canijo
Nationalité : Portugais
Sortie le 12 juin 2019

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© Joana Linda

« Si on faiblit, les plus fragiles vont lâcher » 

Cette phrase, dite par l’une des femmes du groupe, est capitale dans ce film qui raconte la vie quotidienne d’une dizaine de femmes en route pour Fatima, (définition), au cœur du Portugal. Pendant 400 km, des centaines de femmes parcourent le Portugal pour rejoindre Fatima, ville rendue célèbre en 1917 quand quelques bergers ont, à plusieurs reprises, vu une apparition de la Vierge Marie. 

Comme dans bien d’autres endroits où la Vierge est apparue, à Lourdes par exemple, cet événement devint un pèlerinage, au court duquel des centaines de personnes parcourent des centaines de kilomètres à pieds, à travers le Portugal, pour se rendre sur le lieu de l’apparition. C’est un acte de foi incroyable, qui fait partie de la vie de ces pèlerins. Ils faiblissent de jour en jour, mais ne fléchissent pas. Leur récompense, à l’arrivée, vécue comme une victoire, leur fait oublier  toutes les difficultés de la traversée. 

Le côté religieux n’est pas vraiment mis en avant dans le film. Le but de João Canijo est de montrer les conflits qui émergent, dans le groupe, au fur et à mesure que la fatigue s’intensifie, entre les différentes générations de femmes du groupe (certaines font leur premier pèlerinage, d’autres n’en sont pas à leur premier). 

On les voit parfois prier, chanter, tout en marchant d’un pas assuré, le chapelet à la main. Mais ça n’est presque qu’un détail dans ce film à la limite du documentaire d’une durée de 153 mn (qui en l’occurrence ne se voient pas passer du tout). La religion est très présente dans les pays du Sud, comme l’Espagne, le Portugal, l’Italie. Des processions à la Semaine Sainte, les populations se recueillent dans leurs traditions. 

On l’entend à plusieurs reprise dans le film « On part ensemble, on arrive ensemble ». 

© Joana Linda

Dès les premières scènes, on commence à suivre les femmes du groupe, certaines qui s’éloignent du peloton, soit devant, soit à l’arrière, peloton qui s’en plaint, car il faut rester grouper. Dès le début donc, on ressent, on vit le groupe. Le groupe qui finira presque par se démanteler … car il n’est pas facile, pour des femmes aux caractères bien trempés, de partager une telle concomitance : elles marchent des 10aines de km par jour, mangent le peu qu’elles trouvent aux repas, dorment dans un van qui les suit pour leur assurer les secours en cas de problème, ont parfois du mal à accéder à l’hygiène quotidienne, sauf quand elles peuvent aller se doucher dans les casernes de pompiers … bref, ce périple n’est pas facile, mais elles le savent. Le plus important, c’est d’aller au bout. Malgré les ampoules, les problèmes de genoux, de dos, la fièvre parfois. Il faut arriver, et à temps. 

Ces femmes sont incroyables. Elles montrent une force de caractère immense. Au final, si l’appartenance à un groupe est l’essence de notre société, le groupe mis dans une situation et des conditions difficiles est bien plus compliqué à maintenir. Et surtout quand notre groupe en croise d’autres, qui sont dans d’autres dispositions. 

Au final, le plus important dans ce périple est-il vraiment la religion ? Il me semble que le voyage en groupe et sa survie (d’où la citation en début de texte) est essentiel.  Sans groupe, il n’y aurait pas de pèlerinage. 

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