SAMO, a tribute to Basquiat

Texte de Koffi Kwahulé
Mise en scène de Laëtitia Guédon
Joué du 11 janvier au 2 février au Théâtre La Tempête

Aller voir le spectacle de Laëtitia Guédon, ce n’est pas aller voir un spectacle traditionnel. Aller voir un spectacle sur Jean-Michel Basquiat non plus. Ce spectacle est une oeuvre complète. Musique, danse, texte, lumière … 

Basquiat est né en 1960 à Brooklyn, d’un père haïtien et d’une mère portoricaine. Depuis tout petit, sa mère le traine dans les musées de New York. Il emmagasinera tout ce qu’il faut pour créer lui-même l’art qui lui permettra de survivre, au moins pour un temps, dans cette Amérique dont l’ambiance est sur une fin de ségrégation. Pas facile pour lui de se sentir américain … 

Adolescent, Jean-Michel est quelques uns de ses amis se mettent a griffonner sur les murs, ce qu’on considérera, à juste titre, les prémices du graffiti tel qu’on le connait à notre époque. Il signe SAMO© (pour SAMe Old shit). L’adolescent n’entre pas vraiment dans le cadre. Il survit entre la musique, le sport, la peinture … Ce qui l’amènera à rencontrer les plus grands, dont Andy Warhol qui se prend de passion pour le jeune homme jusqu’à en créer des oeuvres à deux (qu’on a pu voir notamment à la Fondation Vuitton). Cette rencontre est d’ailleurs à découvrir dans le splendide film de Julian Schnabel, dont le rôle de Andy Warhol est joué par David Bowie. 

Le spectacle SAMO, a tribute to Basquiat raconte, ou plutôt évoque, la vie du jeune Jean-Michel avant sa renommée. A l’époque où il doit lutter contre la figure d’un père dur mais qui finira par être fier de son fils, une mère qui n’est plus entièrement elle même. Une époque où l’adolescent, en mal de trouver sa propre identité de jeune noir américain, n’a que l’art, un art plutôt nouveau pour l’époque, pour s’en sortir. Un Jean-Michel joué par un acteur et un danseur, pour mêler ces deux parties de sa personnalité. 

Un spectacle palpable, au long duquel on ne peut pas détourner les yeux ne serait-ce qu’un instant. Un spectacle qui nous prend aux tripes et aux sens. Un texte haché, répétitif par moment mais qui nous mène à repartir avec en tête exactement ce qui caractérise Jean-Michel. « Same Old shit » … « Je suis américain » … 

 

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